Une bonne douzaine d'années après un excellent premier opus, Elvira revient dans Elvira's Haunted Hills.

Elvira est en route pour Paris où elle doit présenter un de ses légendaires spectacles. Cependant, toutes les nuits elle est victime du même et effrayant cauchemar : elle est emmurée vivante dans le sous-bassement d'une bien mystérieuse demeure.
Invitée à séjourner quelques nuités dans une château des Carpates, elle va bientôt découvrir les origines de l'angoisse qui la tourmente. Cris et stupeurs sont bientôt légions, quand Elvira découvre qu'elle est le sosie de l'ancienne femme du propriétaire, décédée dans d'étranges circonstances...
Ce scénario d'un classicisme absolu n'aurait pas de quoi effrayer une férue centenaire d'Harlequin, et peu de spectateurs s'en souilleront les babines. C'est oublier la présence d'Elvira.

Bien qu'une bonne grosse décennie se soit écoulée depuis son premier film, Elvira reste un personnage joyeusement branque, à la fausse naïveté et l'humour revigorant. Son vertigineux décolleté n'a rien perdu de sa générosité, et se pare dans cette séquelle d'atouts sonores qui feront craquer plus d'un camionneur.

La recette est la même que pour Elvira, Mistress of Dark : allusions fines à la chose, numéro de danse et un véritable amour du cinéma dit de genre (comme si il y avait du cinéma pas de genre ?) qui se dégage à chaque image.

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De ce point de vue, cette suite est vraiment surprenante. Moins orienté Teenage Comedy, on assiste ici à un digne hommage aux vieux films d'épouvante, et plus particulièrement à ceux mettant en scène Vincent Price sous la houlette de Roger Corman. Ainsi les décors semblent sortir tout droit des pires cauchemars d'Edgar Allan Poe, et un grand soin a été apporté aux costumes et à la lumière. Le puits cher à ce poteau d'Edgar est de mise ; on y trouve même tout naturellement un pendule qui pendouille et ondule, mettant à mal les pulpeux attributs de notre Elvira.

C'est bien simple, s'il n'y avait le ton léger et la tenue affriolante de l'héroine, il serait difficile de dater le film.

Au risque de froisser les puristes (en fait je m'en tamponne des puristes), je préfère de loin cet Elvira 2 au trop estimé et pas drôle Frankenstein Junior. Voilà, ça c'est dit.

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