Zack Snyder aime les belles nanas, les gros flingues et les dragons. Mais surtout, Zack Snyder aime les spectateurs et il sait comment leur faire plaisir. Sucker Punch réunit tout ce qu'on désire voir dans un film d'action, et même plus. Parfois c'en est même trop, et ça, c'est loin de nous déplaire !

Dès le commencement on ne peut que rester admiratif devant la volonté du réalisateur de poser chaque plan comme le plan ultime. Tout est fait pour flatter notre rétine, et nous cramper la mâchoire à force de rester coi la bouche grande ouverte et la bave au lèvres. Cadrage au millimètre, éclairage super léché, le visuel de Sucker Punch n'a rien à envier à celui hyper stylisé de 300, précédente oeuvre du maître. L'accumulation de scènes plus cultes les unes que les autres fonctionnent super bien grâce à un scénario bien ficelé, mais tout de même sacrément niais. Mais bon, finalement ce pitch à base de lobotomie et de danse n'est qu'un prétexte pour figer sur la pellicule certains de nos fantasmes les plus fous en matière de baston. Guerriers samouraïs géants contre notre héroïne toute menue, zombies nazis et zeppelins contre exosquelette lanceur de missile, et même dragon contre B'52, dur de ne pas trouver son bonheur dans tout cela.

La bande son est elle aussi une belle réussite et chaque morceau de bravoure - nombreux on vous le dit - est accompagné d'une reprise d'un classique de nos discothèques. Les Pixies en tout doux, Björk avec de grosses guitares, Jefferson Airplane et leur White Rabbit en pas terrible (dur de faire plus fort que l'original ou la version de Jim Carrey), nos oreilles sont aussi à la fête !

Tout cela est bien beau malheureusement on décèle quelques petites ombres au tableau. L'histoire est pas terrible et le film manque cruellement de second degré et de numéro dansant… (cependant une version longue devrait remettre les numéros de cabaret coupé au montage et que l'on peut apercevoir dans le générique de fin). Du coup Sucker Punch n'atteint pas l'excellence de Doomsday, autre film fourre-tout dont le fun et la générosité ont vraiment régalé les rédacteurs de FrozenTiVi.

Remarquons d'ailleurs que pour une fois l'absence d'un rated R ne se fait pas sentir car le manque d'hémoglobine et de nudité est bien compensé par une utilisation judicieuse de particules et les costumes tout de cuir de nos donzelles armées de grosses sulfateuses. Enfin, remercions les producteurs de ne pas avoir tenté de convertir Sucker Punch en une infâme 3D relief dont la retour à la mode ne manquera pas de cohabiter avec celui de la méningite.

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