Courir tout nu dans les près, sentir la douce rosée des herbes perler sur nos pieds enfin libres, respirer un air des plus pures, et se retrouver seul, penaud face à un mouton cannibale : classique cauchemar récurrent chez le citadin, ce fantasme est aussi le sujet de Black Sheep.

De retour dans la ferme de son enfance pour réclamer un héritage à son ignoble frangin qui gère maintenant l'exploitation de feu son père, Henry Oldfield, va affronter du mouton et trouver l'amour. Son frère, l'abominable sagouin, s'est associé à une scientifique sans conscience pour créer une nouvelle race de mouton, plus blanc, plus laineux, plus propre.

Evidemment, et comme le dit si bien le vieil adâge : "science sans conscience n'est que ruine de l'âme" (d'ailleurs ne dit-on pas d'ailleurs con-science ?), ces expériences contre nature vont donner naissance à une race montante de moutons mutants mauvais : de paisibles herbivores, les ovins sont maintenant transformés en terribles machines de mords (bin oui, mords...) à la salive contagieuse et la laine fétide.

Dès lors, (Jacques, si tu nous entends ?) notre héro va devoir échapper à la morsure rageuse des tricots sur pattes. Mais tout n'est pas perdu pour Henry Oldfield, car il sera aidé dans son combat par une charmante écolo et le régisseur des troupeaux à l'accent à couper au couteau...

Production estampillée Nouvelle Zélande, Black Sheep nous rappelle les grands débuts de Peter Jackson, quand il préférait la tripaille et le gore aux pieds poilus des hobbits. En plus les effets spéciaux sont de Richard Taylor, comparse de toujours du directeur du Seigneur des Anneaux. Du coup, le foetus de mouton qui sera à l'origine de toutes les mutations pourrait être le fruit des horrible ébats entre le rat-singe de Sumatra et le bébé mort vivant de Brain Dead, en tout cas, il a les yeux de ses parents...

Premier film (à ma connaissance) mettant en action des moutons garous, Black Sheep est une chouette réussite !

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