Il aurait plutôt dû s'appeler : Grizzly 2 : Unfinished Business, mais ça n'aurait pas fait sérieux, d'autant plus qu'il y a vraiment un concert dans cette oeuvre, à défaut de grizzly…

Le film part déjà avec un bel handicap car c'est la suite de Grizzly tout court, un dent de la terre classique qui remplace les massives mâchoires d'un requin par celles d'un ours. Pas la peine de s'appesantir sur ce premier volet, qui nous raconte toujours la même histoire : des touristes inconscients, une bestiole à crans et à crocs, un promoteur véreux, et tout se termine par une explosion de viscères.

Dans Grizzly 2 c'est pareil, sauf qu'ici il y a un concert organisé dans le parc national à ours. Et quel concert !

Dans la plus pure tradition des années 80, on assiste les pupilles et les tympans grands ouverts à un enchainement de titres exceptionnels dont l'acmé est sans aucun doute l'incroyable :
You take the milk from the co… conuts !
You take the milk from the co… conuts !

ahané par des clones de Bananarama… C'est exceptionnel !

Pendant ce temps le grizzly rode dans la forêt voisine et casse la croute avec les divers touristes du coin dont, et c'est dur à croire, Laura Dern, Charlie Sheen et même George Clooney ! Pour tout cinéphile qui se respecte c'est plutôt dur à avaler, cependant ces acteurs se font machouillés dans une scène d'anthologie aussi sombre et floue que l'ensemble de cette VHS. Et pour tout vous dire, on n'aurait jamais reconnu les stars si on n'avait pas appris leur présence dans une chronique sur le net. D'ailleurs, ce n'est pas tout ce qu'on a découvert. Héberlué par les inserts systématique de cache pour chaque apparition de l'ours, on s'est d'abord dit qu'un employé de la censure zélé avait tranché dans le vif pour adoucir l'insupportable violence des repas du plantigrade. En réalité le film n'a pas été fini, les effets spéciaux n'ont pas été mis en place, et il n'y a pas de conclusion, mais juste une accumulation de plans non montés, dans un désordre foutraque pendant les 5 dernière minutes.

Tomber là dessus sans connaitre l'histoire du tournage peut être dangereux pour la santé : on se met à douter de tous nos sens, et on regarde sa bretzel et sa cannette de coca avec suspicion… Heureusement, après une rapide recherche sur Internet où on apprend que le film tourné en 1983 n'a jamais été terminé et qu'il a été racheté par Canon juste avant sa faillite, une partie de notre cerveau se remet à l'endroit, et on peut appréhender le reste de sa journée sereinement…

Enfin, est-ce vraiment possible après avoir assisté au chant de guerre bien fumé de John Rhys Davis, embarbouillé de peintures guerrières et scandant un incroyable truc ressemblant à ça :
If a man, one wise big man
And god Grizzly, one big Grizzly
And that man kills that one Grizzly
Ah! Ah! Ah!

On espère que l'acteur a bien été payé pour ce sommet du rite guerrier gravé à jamais sur une pellicule qu'il faudrait plonger dans un seau de Petrol Hahn.

Pourvu qu'il y ait un Grizzly 3 : La croisière caché quelque part…

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