Lifeforce est, sur le papier, un crossover vampire/sci-fi des plus réjouissants : Tobe Hooper, Mathilda May au faîte de sa grâce, des vaisseaux spatiaux et des chyroptères géants venus de l'espace, ça doit être chouette, non ?

Inutile de se le cacher plus longtemps, l'énorme et presque unique attrait de Lifeforce est la présence de Mathilda May qui joue un vampire de l'espace au corps parfait et au charme d'autant plus certain qu'elle est quasiment dénudée pendant tout le métrage. Du coup chacune de ses apparitions est une joie pour les rétines de tout esthète qui se terre au fin fond de notre cerveau reptilien. Épicurisme et vampirisme n'ont jamais fait si parfait ménage.

Pourtant, malgré les coups de chaud que ressent le spectateur de bon goût à chaque scène de la belle, l'atmosphère du film est terriblement froide. Et là on se demande bien comment Tobe Hooper, pourtant spécialiste du cinéma charnier bien moite, a réalisé un film assez frigide pour y conserver ses surgelés.

La faute incombe peut-être à l'incroyable longueur des séquences. Certes il s'agit d'un atout lors de la découverte du vaisseau alien, mais le montage du film s'embourbe dans une véritable langueur au retour sur terre. Précisons aussi que la bande originale est bien ratée, on se demande d'ailleurs si la lecture de la piste sonore n'est pas en mode aléatoire... En bref, ça fracasse souvent une ambiance difficilement mise en place. C'est dommage parce que le film aurait vraiment pu être excellent avec son ouverture grandiose, ses magnifiques effets spéciaux et son casting (féminin).

Tant qu'on parle de casting, notons aussi que la prestation, bien que tardive, de Patrick Stewart est juste hallucinante, le capitaine Picard (ici directeur d'hôpital) nous réserve un numéro de choix en une imitation, uniquement orale malheureusement, de la sculpturale Mathilda May ; difficile à ce moment là pour le spectateur de garder dignité et contenance.

D'ailleurs il est aussi difficile de ne pas s'ennuyer entre deux apparitions toujours réjouissante de Mathilda May car Lifeforce est bien gâché par un rythme aussi poussif qu'un tube de dentifrice en fin de vie.

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