Une fois passé outre la mention toujours aussi rigolote et ringarde de la couverture - d'après un fait divers - le roman de Jack Ketchum se révèle être un excellent survival.

Unité de temps, quasi unité de lieu, un groupe de 6 citadins est harcelé, aggressé et plus si affinité par une famille de cinglés, bien évidemment cannibales.

Plus que La Nuit des Morts Vivants cité en préface ou encore Délivrance, c'est à Massacre à la Tronçonneuse et La Colline à des Yeux que ce bouquin fait immédiatement penser. Mais là ou Tobe Hopper se la jouait suggestion, Monsieur Ketchum verse dans le gore craspec et malsain, plein de, je n'ose le dire, ketchup. Il n'hésite pas à méler des enfants à la fête, à décrire les fornications de ces personnages au milieu des tripes, et même à se lâcher dans pas mal d'extrêmes. On est très proche des délires vomitifs de Umberto Lenzi dans son Cannibal Ferox et autres films de cannibales italiens sortis à la même époque.

upload/morte_saison.jpg

Bragelonne nous propose ici la traduction de la réedition du roman (paru à l'origine en 1981 avec de nombreuses coupes et retouches). Dans cette version, tout correspond aux premiers désirs de l'auteur.
L'impuissance et l'épouvante des personnages est bien palpable, les mutilations, meurtres et festins sont aussi détaillés que crus. L'essentiel de l'histoire se déroule en cinq petites heures, courte durée durant laquelle rien ne sera epargné, ni femmes, ni petits filles, ni rats, ni même le lecteur . Une fois le bouquin ouvert et la présentation des personnages passée, la tension ne se relâche plus.

Le roman n'atteint pas les sommets de l'horreur et de transgression d'un American Psycho, mais on peut comprendre la frilosité des éditeurs à l'époque. On comprend, mais on ne leur pardonne pas.

Lire Morte Saison est vivement conseillé, surtout pour les curieux qui ont toujours voulu savoir de quelle manière Leatherface se préparait un sandwich.

partager